Rhys L. Oakstone







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MessageSujet: Rhys L. Oakstone Ven 4 Jan - 22:44




RHYS L. OAKSTONE

ft. Aidan Turner

SCÉNARIO PERSONNAGE INVENTÉ POSTE VACANT

Nom complet Rhys Lloyd Oakstone • Âge 29 ans • Date de naissance 13 février 1494 • Métier Inquisiteur • Orientation sexuelle Hétérosexuel • Situation amoureuse Célibataire • Situation familiale votre réponse détaillée ici • Camp rejoint Sorciers • Déjà mordu ? Non

Emplacement de la maison Je préfère l'AUBERGE, en chambre individuelle

Tell us more about you



« Rhys ! » Je me retourne. Une jeune femme souriante dans le clair de lune. Ses longs cheveux noirs flottent dans le vent, sa peau d’une blancheur de neige reflète la pâleur de la lune. Elle tend la main vers moi. Je la prends, J’attire la jeune femme vers moi. Son corps frêle et délicat se blottit contre le mien. Je l’entoure de mes bras. Elle est si fragile que je pourrais la briser en mille morceaux. Ses lèvres pulpeuses rencontre les miennes, je l’embrasse avec fougue et passion. Si seulement je ne pouvais faire qu’un avec elle, confondre définitivement nos deux chairs, fondre nos deux corps. Elle m’appartiendrait pour toujours et je lui appartiendrais pour toujours. Elle se détache délicatement et se blottit encore plus contre moi. Je la protège de mes bras. Elle lève les yeux vers moi, je baisse la tête vers elle pour me perdre dans ses grands yeux couleur mordorés. « Ne me laisse jamais te perdre… » Elle rit.




Longtemps j’ai cru que je monde se composait de deux grandes catégories. Longtemps j’ai cru que le monde était soit noir, soit blanc. Et puis, du jour au lendemain, j’ai découvert que ce monde dans lequel j’évoluais, je vivais, était en fait gris. D’un gris sombre, chargé de menace.

Je suis, de nature, quelqu’un d’entier. Je sais faire la part des choses, réfléchir, peser le pour contre le contre. Certes il m’arrive, comme tout à chacun, d’avoir des “coups de tête” et d’agir avant de réfléchir. Mais je ne suis pas un sanguin. Je ne m’emporte pas pour un rien, je suis loyal. L’honneur étant ce qui prime par-dessus tout, je me battrai au péril de ma vie pour prouver ma parole d’honneur et pour ne jamais la perdre. Ainsi donc, avant de m’engager, je réfléchis, longtemps, peut être trop, mais je préfère prendre en considération l’ampleur des risques qui m’attendent si je donne ma parole d’honneur. À ne pas prendre à la légère donc.

Pourtant, à côté de ça, je suis quelqu’un de social et de jovial. J’aime rire et chanter, j’aime être entouré de mes amis proches et fidèles. Je suis taquin aussi, oh, rien de bien méchant. Parfois, mais c’est rare, il peut m’arriver de mentir, pour la bonne cause dira-t-on, mais ce n’est vraiment qu’en dernier recours. Je suis quelqu’un d’aventureux, j’aime faire de nouvelles rencontres (et de nouvelles conquêtes aussi car, quel homme pourrait résister éternellement au péché de chair ?) et m’aventurer en-deçà des frontières connues. Rêveur, oui. Mais pas tant que ça. Il m’arrive, lors d’une nuit pluvieuse, sans abri, sans compagnie autre que celle de mon cheval, sans nourriture autre que du fromage moisi, de rêver à ce qu’aurait pu être ma vie en d’autres circonstances. Mais je reviens vite à la réalité, je me contente de ma vie. Après tout, si c’est ma vie, c’est bien parce que je l’ai décidé, non ?


Mais tout ça, tout ce que j’ai été dans ma prime jeunesse, je ne le suis plus. J’ai tout perdu, celui que j’étais hier est mort aujourd’hui. Je suis un autre homme, bien plus sombre. J’avais tendance à voir le monde de son côté brillant et attirant, à me perdre dans les délices de la vie, à n’en tirer que le meilleur parti. Maintenant je sais que le monde n’est plus aussi joyeux et délicieux que ça. Je sais qu’il est retors, peuplé de perfides, de cupides et de sans foi. Pour vivre, il faut survivre.

Adieu donc la bonne humeur, les rires, les chants et les tavernes. Adieu les compagnons fidèles et loyaux. Adieu les plaisirs de la chair. En la perdant, elle, je me suis perdu. Je suis devenu taciturne, préférant la solitude et la compagnie de mon cheval à celle des hommes. Je suis toujours loyal, et je le serais toujours. La loyauté et l’honneur étant les seules véritables armes qu’un pauvre homme tel que moi a pour se défendre et se faire entendre. Je réfléchis, bien plus qu’avant. Maintenant, avant de m’engager, il faut que je prenne une décision purement et entièrement réfléchie, il faut que j’aie pris en compte toutes les possibilités qui s’offrent à moi. Certes, lorsque je suis engagé, je donne ma parole d’honneur et je ferrai tout ce qui sera en mon pouvoir pour la tenir jusqu’au bout. Je n’abandonnerai rien ni personne derrière moi. Plus jamais.

Cependant, si vous parvenez à gagner ma confiance, vous pourrez me voir sourire, d’un sourire triste et mélancolique. Vous pourrez m’entendre fredonner voir même chanter si vous être chanceux. Mais pour cela, il faut gagner ma confiance et je ne l’accorde plus aussi facilement qu’avant. Je suis devenu quelqu’un de méfiant. Je ne suis pas hostile, loin de là, juste que je ne parle plus que très peu aux étrangers, préférant choisir les mots justes et précis, faisant attention à leur pouvoir. J’écoute. Je recueille des informations. Je me protège.




J’ouvre les yeux. Elle n’est plus là. Elle a disparu, brisée en mille morceaux. Les éclats de la rosée parsèment mes bras, mes lèvres, ma tunique, l’herbe et la mousse tendre. Les premiers rayons de soleil baignent d’un fragile rose l’horizon et la clairière. Je l’ai perdue. À jamais. Je me suis perdu. Pour toujours. Au milieu de la clairière, un jeune coudrier tend ses jeunes branches et ses pousses vertes vers le soleil, réclamant la vie. À son tronc fragile se noue un chèvrefeuille en fleurs. Il serpente autour des jeunes branches. On ne peut plus les séparer, ils sont unis à jamais. Comme je l’avais été, jadis.


It's just a game



Prenez-vous des décisions basées sur votre réflexion ou votre coeur ?
La logique est clé; mon cœur me blesse habituellement plus à la fin
Que serait la vie sans passion ?

Comment vous décririez-vous vous-même ?
Indépendant, j'aime m'aventurer seul(e) dehors
Un peu dépendant, je n'aime pas être seul(e)
Un papillon social, plus on est de fous plus on rit
Introverti(e), j'aime être seul

Accepteriez-vous un mariage arrangé ?
Bien sûr, je crois que l'on peut développer de l'amour pour quelqu'un
Absolument pas, l'amour est quelque chose que l'on ne peut forcer

Par quel type de personne êtes-vous physiquement attiré(e) ? ...
Le genre robuste avec une forte carrure
La douce nature, personne attentionnée
De préférence d'un âge supérieur
Je ne suis pas attiré(e) par un type spécifique

Fuirez-vous avec une personne par amour ?
Oui
Non
Peut-être

Qu'est-ce qui est important pour vous dans la vie ?
Moi, moi et moi
Mes amis et ma famille
La gloire et la fortune
Ce dont j'ai besoin là où je suis

Prenez-vous des risques ou préférez-vous rester en sécurité ?
Si on joue avec le feu, on se ferra brûler
Absolument, je vis chaque jour comme s'il était le dernier

Comment gérez-vous un problème ?
Je le prend comme il vient
Je l'évite en espérant qu'il s'efface
Les mensonges ne font jamais de mal
Je le supporte même si les choses se corsent

Préfériez-vous vivre une vie de luxe ou l'amour ?
Qui a besoin d'amour quand on a l'argent
L'argent ne peut pas acheter l'amour

Comment imagineriez-vous le rendez-vous parfait ?
Un dîner romantique dans un restaurant chic
Cuisiner le dîner ensemble et câlins sur le canapé
Aller danser et chanter dans un karaoké
Un pique-nique dans le parc, suivi par une belle et longue promenade


It's the end



Prénom Julie • Surnom Destiny S. Blacksmith • Âge votre réponse détaillée ici • Comment je suis arrivé(e) ici votre réponse détaillée ici • Disponibilité votre réponse détaillée ici • Un mot pour la fin votre réponse détaillée ici

Le code Ok by Destiny


Dernière édition par Rhys L. Oakstone le Sam 12 Jan - 22:15, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Rhys L. Oakstone Ven 4 Jan - 22:45




Your history

Un titre peut-être ?

La lune baigne la chambre de sa lumière argentée. Je m’appuie sur mon coude et me penche sur la jeune femme à côté de moi. Elle est belle dans la lune. Ses longs cheveux noirs, étalés autour de sa tête, épars sur son corps nu, font d’elle une créature féérique. Ses lèvres entr’ouvertes laissent voir ses dents, blanches comme des perles. Je l’embrasse, serrant son corps dans mes bras. Elle se laisse faire avant de rompre le baiser avec délicatesse. Elle passe ses doigts sur ma joue, en souriant. Elle me rend fou, je suis prêt à tout pour elle. Elle repousse les draps pour offrir son corps nu à la lune. Je reste allongé sur notre couche, la regardant, elle et son corps parfait. Elle se redresse pour s’asseoir sur le lit, parmi les draps froissés. Ses cheveux cascadent dans son dos jusqu’au bas de ses reins, l’habillant. Cette nuit est comme toutes les autres, pourtant, je la sens différente. Je me redresse et la prend dans mes bras, l’embrassant dans le cou. « Dis moi ce qu’il y a… » Elle sourit mais ne répond pas. Je caresse sa peau du bout de mes doigts, descendant progressivement vers sa zone intime. Elle frémit et me repousse, doucement mais avec fermeté. « Laisse moi te posséder… » Elle se détache de moi et se lève pour s’approcher de la fenêtre. Je la suis du regard. Elle finit par se tourner vers moi. Ses beaux yeux mordorés expriment une infinie tristesse. Elle tend les doigts vers moi. Je m’empresse de me lever pour saisir cette main, pour prendre dans mes bras le corps de ma bien aimée. « Dis moi que je t’appartiens… Dis-le moi… » Sa voix est terriblement désespérée. Je la serre dans mes bras avant de l’embrasser. Elle est tout pour moi. Je le lui murmure à l’oreille. Son sourire se fait mélancolique. « Je ne pourrais jamais t’appartenir… Je vais partir et tu ne pourras pas me retenir… »





Je suis né dans un petit village sans histoire. Notre village se nichait près d’une forêt mais sur une route très fréquemment empruntée, les marchands et chevaliers de passage s’arrêtant volontiers à notre auberge. C’est ainsi que ma mère a rencontré celui qui fut mon père. Je ne peux pas parler de père puisque ce n’était qu’un homme de passage, résidant au village que pour quelques jours. Pour lui ce n’était qu’une histoire sans lendemain, histoire d’un soir. Ma mère ne l’avait pas aimé, elle voulait juste se débarrasser de lui et profiter de lui. D’après ce qu’elle m’avait raconté il était très beau, très séduisant. C’était un chevalier m’avait-elle dit et c’était de lui que je tenais le plus, tant physiquement que pour mon caractère. Ma mère n’était pas une fille facile, loin de là. Elle était jolie, simple fileuse de lin, très appréciée dans le village. Ses parents étaient morts alors qu’elle avait quinze ans, emportés par une terrible épidémie lors d’un hiver particulièrement rude. Elle ne s’était pas laissée abattre et avait prit sa vie en main, se débrouillant seule. Elle n’avait jamais espéré faire un beau mariage, ou même se marier tout simplement. Elle n’avait jamais multiplié les conquêtes, se plaisant à séduire sans jamais aller plus loin. Seulement, la personne de mon père lui plût et elle décida de passer une nuit avec lui. Ce qui tombait bien puisqu’il n’était pas totalement insensible à son charme non plus. Ils passèrent donc une nuit ensemble et ce fut tout. Ce fut tout mais suffisant pour me concevoir.

Mon père parti quelques jours après, laissant ma mère enceinte et seule. Les gens du village, qui la connaissaient bien, furent tolérants envers elle et la traitèrent avec des égards, l’aidant à s’occuper de moi lorsque je vins au monde. La vie avec ma mère, au sein de ce village convivial et solidaire, était un véritable bonheur. J’avais des amis, je menais une vie heureuse et sans soucis. Jamais l’absence de père ne fut un obstacle pour moi : ma mère s’était mise en ménage avec un jeune homme de son âge, un jeune ébéniste. Ce jeune homme m’éleva comme son propre fils, m’enseignant des légendes, des rudiments de son art et les bases de l’escrime. Je savais que ce n’était pas mon père mais je l’aimais comme si c’était le cas. Ce fut ainsi que, nourri par des légendes anciennes, par les récits des chevaliers à l’auberge, et plein d’autres éléments qui nourrissaient mon imagination, je voulus, petit à petit, devenir un chevalier moi aussi. Mais je ne voulais pas me mettre au service du roi ou d’un quelconque seigneur, je voulais parcourir les routes, louer mes services et mon épée là où on aurait besoin de moi. Mon père adoptif, en accord avec ma mère, parvint à me trouver une place d’écuyer auprès d’un chevalier errant. Ce fut donc à l’âge de sept ans que je quittai ma maison, mon village, ma mère et ma vie pour ne plus jamais y retourner et parcourir les routes.

Mon maître était quelqu’un de bon, bien que taciturne. D’âge mûr, il était juste et plein de sagesse. Auprès de lui j’appris ce que c’était que l’honneur, la loyauté. Il m’apprit à monter à cheval, à me battre à l’épée et au bouclier, à me servir d’un arc et de flèches, à tailler des bâtons à l’aide de mon couteau et à me battre avec celui-ci. Il fut un deuxième père pour moi, s’occupant de mon éducation. Je devins un homme accompli à ses côtés et fut adoubé chevalier lors de mon dix-septième hiver, en présence d’un Lord quelconque. On m’offrit mon cheval, mes armes et mon bouclier, et je partis pour vivre ma vie. Respectueux de celui qui m’avait tout apprit, je décidai de voyager avec lui afin de prendre soin de lui, à mon tour. Il avait vieilli mais continuait toujours à parcourir les routes. Je veillais donc sur lui. Il mourut deux ans plus tard. Je l’enterrai au pied d’un vieux chêne, marquant sa tombe d’une pierre couverte de mousse et de jeunes pousses de chêne. C’est comme ça que je décidai du nom que je présenterai dorénavant : Rhys, car c’était le nom que ma mère m’avait donné, Lloyd, car c’était le nom de mon premier père adoptif, Oakstone, en souvenir de mon vieux maître.



Ce fut lors du mois de mai de cette même année que je rencontrai celle qui fit basculer ma vie. Je m’étais arrêté dans un château, près d’un petit village, dans l’espoir de pouvoir y louer mon épée. Elle était servante dans le château, vivant dans une maison près d’un antique bois de bouleaux centenaires. Lorsque je la vis, je cru tout d’abord qu’elle était la maîtresse de maison, ébloui par sa beauté. Ses longs cheveux d’un noir d’ébène librement éparpillés sur ses épaules, ses grands yeux mordorés pleins de rire, ses lèvres entr’ouvertes sur ses dents de perles. Sa taille fine était soulignée par son corset, elle était vêtue d’une simple robe de laine blanche. À mon grand bonheur, le seigneur du château décida de louer mon épée pour une année et quelques mois. Je pus donc m’établir dans le même château que celui dans lequel travaillait ma belle princesse.

Nous devînmes très rapidement inséparables avant de tomber follement amoureux l’un de l’autre. Je désertai ma chambre chaque nuit pour aller la retrouver dans sa petite maison près de la forêt. J’étais fasciné par elle, par sa beauté, par l’aura de mystère qu’elle dégageait. Finalement, au bout de six mois d’une relation passionnée, j’osai lui demander d’où venait cette aura de mystère. Elle m’apprit alors qu’elle n’était pas réellement “comme les autres humains”, qu’elle appartenait “à une antique race”. Je la pressai de questions et elle finit par m’avouer qu’elle était une sorcière, une de ces créatures fascinantes qui peuplaient les légendes que mon père ébéniste me racontait étant enfant. Seulement, je compris qu’elle était en danger. Si jamais son secret était dévoilé, elle serait tuée sur le champ. Et cela, je ne pouvais le souffrir. Par amour pour elle je décidai de m’intéresser à ses dieux. Lorsque je lui demandais de m’apprendre à devenir comme elle, elle eut un rire délicieux, le rire que j’aimais. Elle m’annonça, entre deux baisers, que malgré toute la bonne fois que je pouvais y mettre, je n’en serais jamais capable. J’en fus déçu car je voulais vraiment être comme elle, je voulais comprendre ce qu’elle vivait. Toutefois, la Fortune me réservait une surprise car, lors du solstice d’hiver, elle m’annonça qu’elle avait décelé quelque chose de profondément enfoui au fond de moi, quelque chose de magique. C’est ainsi que je commençai mon apprentissage. Élève assidu mais dissipé, j’apprenais lentement, préférant amplement que nous finissions la leçon du jour enlacés, allongés dans son lit, au milieu des draps froissés, plutôt qu’à chercher les diverses attributions de tel ou tel dieu oublié.

Les bonnes choses durent se terminer, le Lord n’avait plus besoin de mes services, aussi me congédia-t-il, me donnant à peine la moitié de ma solde. Mais ce n’était pas ma préoccupation majeure. Je devais quitter le château, j’allais devoir reprendre la route et quitter ma belle sorcière, ma maîtresse, mon amante. J’envisageai de l’emmener avec moi mais je ne voulais pas imposer une vie d’errance à celle que j’aimais. Elle me cacha chez elle pour que nous puissions vivre notre amour et essayer de trouver une solution. Je redevins plus sérieux, m’appliquant dans mon apprentissage de la sorcellerie. Et puis, tout bascula.



Nous étions allongés dans le lit, plus amoureux que jamais, lorsque des cris en provenance du village retentirent. Animé par mon âme chevaleresque, je m’empressai de m’habiller et de m’armer pour aller voir ce qu’il se passait. En chemin je croisai un groupe de quatre hommes, vêtus d’armures noires, de capes noires, montés sur des destriers noirs, qui se dirigeaient en direction du bois sacré, de la maison de ma bien aimé et de la route qui menait aux autres villages. Je n’y fis pas attention. Ce fut ma première erreur.

En arrivant au village, je trouvai une scène fort singulière. Sur la place du village, une femme, nue, ramassée sur elle-même, à terre, pleurait. Son corps était couvert de marques sanglantes. Je mis pied à terre, confiant les brides de mon cheval à un jeune garçon qui traînait là, pour m’approcher de la femme. Je la couvris de ma cape avant de l’interroger. Je la connaissais bien, c’était une jeune Sorcière elle aussi, une élève de mon amante. Elle balbutia quelques mots entre les sanglots, s’excusant. Je ne compris pas sur le champ. Et puis, en réalisant qu’elle avait été marquée au fer rouge, que les traces sanglantes qu’elle portait étaient des coups de fouet, je réalisai l’ampleur de la situation. Ces cavaliers noirs étaient des Inquisiteurs. Je me levai brusquement, abandonnant ma cape à la pauvre jeune fille avant de sauter sur mon cheval et de partir au triple galop vers ma maison.

Il était trop tard. La maison brûlait, ainsi que le bois sacré. Je m’efforçai d’affronter les flammes pour essayer de sauver ma belle sorcière. En vain. Elle avait été poignardée dans son lit, nue, telle que je l’avais laissée. Les draps, tachés de sang, étaient arrachés, signe de lutte. La chambre brûlait, les meubles étaient en désordre. Elle s’était débattue pour sauver sa vie. Sans espoir. Je retirai le poignard de sa poitrine, pris le corps tant aimé dans mes bras et sorti en vitesse. Elle était belle, même dans la mort. Je la gardai dans mes bras, attendant que l’incendie s’éteigne de lui-même. Lorsqu’il s’arrêta enfin, la maison n’était plus que ruines, le bois avait été détruit. Pourtant, j’entrai dans les restes fumants du bois pour en gagner le cœur. Au pied de ce qui avait été un barral magnifique au tronc blanc et aux feuilles d’un rouge sombre, je creusai une tombe, y enterrai ma belle sorcière, et posai une pierre sur la tombe. Je fis une rapide prière aux anciens dieux, aux dieux de mon amante, leur demandant de l’accepter parmi eux, de la rendre immortelle pour tous. Je fis la promesse solennelle de devenir un Sorcier, de perpétrer sa mémoire. Puis je partis.



Je repris les routes, seul. Je commençai à fuir la compagnie des hommes, préférant mon cheval et les forêts. J’avais perdu l’amour de ma vie, le sens de ma vie et je n’avais que vingt ans. Qu’allais-je faire ? Il m’était désormais impossible de continuer ma vie de chevalier errant, je ne le pouvais plus. Et puis, le souvenir des Inquisiteurs me hantait, jour et nuit. Ce fut dans un petit village, où je m’étais arrêté pour dormir et m’occuper de mon cheval, que je tombai sur un petit groupe de quelques uns d’entre eux. Ils recherchaient de nouvelles recrues. Je me portai volontaire. Ils me prirent. Ce fut la décision la plus difficile que j'eus jamais à faire. Au cours de mon apprentissage, qui dura deux ans, je dus prendre sur moi lorsqu'on m'enseigna les caractéristiques de ces “créatures du diable” qu'étaient les Sorcières. J'étais entouré d'hommes qui croyaient, dur comme fer, que Dieu pouvait les sauver et que le Diable s'était fait mortel sous l'apparence des Sorciers. Je me tus, faisant comme tout le monde. J'appris les prières adressées à Dieu, les gestes capables d'éloigner le mauvais sort, comment repérer ces “créatures du Diable”. J'étais mort de peur. Si je faisais le moindre faux pas, j'étais mort.

Sans que je sache pourquoi, j'eus de la chance. Peut être que les prières que j'adressai chaque soir aux Anciens Dieux avaient été entendues. Toujours est-il que je ne fus jamais découvert. Je me cachai sous un zèle excessif, m'attachant à réaliser à la perfection les exercices que l'on me donnait. Mes supérieurs furent satisfaits de mon “engouement” pour leur religion et leur cause, aussi écourtèrent-ils mon apprentissage. Mes lettres de chevaleries me sauvant de l'Église, je fus admis comme Frère Chevalier et dus renoncer à mes cuirs bouillis et mon armure de plates pour endosser la cotte de mailles noires, les cuirs noirs, la grande cape noire. Je dus faire mes adieux à mon fidèle cheval et demandais à un de mes frères de le ramener dans mon village, de l'offrir à ma mère. Mon frère y consentit et s'en chargea en personne. Désormais, je serais lié à un cheval noir, aussi noir que la nuit.

Et il fallu prendre les routes, prouver que je méritai mon titre de Frère Chevalier Inquisiteur. On me fit rejoindre une “équipe” de trois autres Frères : un Prêtre, un Érudit et un Maréchal Ferrant. Il leur manquait un Chevalier. Ils se connaissaient depuis longtemps et avaient de longues années dans le métier derrière eux. Ils m'accueillirent parmi eux. Nous parcourûmes les routes de l'Écosse du Nord, prêchant la bonne parole, mettant en garde contre ces “créatures”. Je me taisais, me murant dans un mutisme profond. Mutisme qui ne me quitte plus depuis. Mes “collègues” étant sur le devant de la scène, je devais arrêter les coupables et les conduire sur la place principale. J'essayai de mon mieux de rassurer les pauvres victimes, souvent innocents, en vain, ils avaient peur de moi. Les premières tortures auxquelles j'assistais furent insoutenables pour moi. Je ne m'en souviens plus à vrai dire car je me suis senti si mal que je me suis évanoui. Mes “collègues” ont mit ça sur le compte de la fatigue et de la faim. Petit à petit j'ai appris à me plonger dans une sorte d'état de transe, pratique que m'avait enseignée ma belle sorcière. Je me plongeai dans ma transe, priant les Anciens Dieux pour sauver ces pauvres malheureux. Leurs cris résonnent dans ma tête chaque nuit, je suis incapable de les oublier.

Mes “collègues” me donnèrent ainsi la réputation d'être un homme de fer, imperméable à la souffrance, me confiant de plus en plus souvent des missions “d'interrogatoire”. Lorsque je peux les réaliser seul, je m'arrange pour sauver les malheureux. Sauf que les Frères Inquisiteurs ont besoin de sang, aussi je m'arrange pour leur en fournir. Je sauver les malheureux et je m'adresse aux prisons, réclamant les condamnés à mort. Certes, c'est cruel, mais moitié moins que de tuer des innocents. Je ne peux cependant pas tous les sauver, surtout lorsque mes “collègues” sont présents. Devoir torturer ces malheureux est quelque chose que je me répugne à faire, mais je n'ai pas le choix. Je ferme mon cœur, je durcis mon bras et j'agis. Je fais de mon mieux pour alléger mes coups, mais je sais que ce n'est pas assez. Alors, pour me laver de tous ces “crimes”, je prie les Anciens Dieux, je les supplie de me pardonner, de me donner la force nécessaire pour quitter cet enfer. Mais je n'en ai pas la force.


Neuf ans. Cela va faire neuf ans que je vis ainsi, caché, cultivant, en mon fort intérieur, mon secret et la mémoire de ma belle sorcière. Les cris de tous ces pauvres malheureux me hantent chaque nuit, m'empêchant de fermer l'œil. Mais je n'ai pas le choix, je continue. À vrai dire, je me dégoûte moi-même de participer à ce massacre, mon image me répugne. Je n'ose plus me regarder en face. Mais c'’est en tant qu’Inquisiteur, armé d’une fausse foi pour la religion, ayant pour seul bagage un terrible secret, que je parcourais le Nord de l’Écosse pour finalement échouer, neuf ans après la perte de l’amour de ma vie, dans le petit village de Daggerhorn. Quelle mouche m’avait piqué d’être allé me fourrer parmi l’ennemi ? Je l’ignorai. Mais je gardai ma promesse écrite en lettres de feu et plus profond de mon âme : devenir un véritable Sorcier et honorer convenablement la mémoire de ma défunte amante.


Dernière édition par Rhys L. Oakstone le Dim 13 Jan - 21:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Rhys L. Oakstone Sam 12 Jan - 22:15

Et voilà, j'ai tout fini !
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MY WORLD : My World is the darkness for ever...



MessageSujet: Re: Rhys L. Oakstone Sam 12 Jan - 22:24

wouahhhhhhaaahahahahou!!!! *bluffée*
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MessageSujet: Re: Rhys L. Oakstone Dim 13 Jan - 12:56

Très jolie fiche, agréable à lire, mais je n'en doutais pas de toi Wink

Je voudrais juste une précision : Rhys devient Inquisiteur pour se cacher parmi l'ennemi, d'accord. Mais cela implique de traquer des sorcières, de les torturer, de les faire brûler, de les assassiner... Comment est-ce qu'il vit ça ? Comment il fait pour éviter d'assister à ces exécutions par exemple ? Je voudrais quelques précisions sur son sentiment d'être dans le camp de ceux qui assassinent les gens comme lui, parce que j'imagine que ça doit être très difficile à vivre... Est-ce qu'il essaie d'en sauver certaines en prouvant leur innocence ? Tu vois ce que je veux dire ?

Après ça, ce sera tout bon *_*
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MessageSujet: Re: Rhys L. Oakstone Dim 13 Jan - 13:59

Ah oui j'avais oublié ce détail ^^ j'editerai pour l'ajouter dès que possible =)
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MessageSujet: Re: Rhys L. Oakstone Dim 13 Jan - 14:10

Up quand ce sera fait, que je passe pas à côté <3
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MessageSujet: Re: Rhys L. Oakstone Dim 13 Jan - 21:00

Et voilà ! J'ai rajouté ! C'est à partir du paragraphe qui commence par “Je repris les routes, seul. Je commençai à fuir la compagnie des hommes, préférant mon cheval et les forêts. ”
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MessageSujet: Re: Rhys L. Oakstone Dim 13 Jan - 22:06

Et bien, c'est parfait, je valide ! *_*

    Pour commencer, pense à remplir les champs de ton profil, puis va faire un tour sur le bottin des avatars pour recenser ton avatar !
    Ensuite, n'oublie pas de créer ta fiche de liens et de rps .
    Et si le coeur t'en dit (et si l'inconnu ne te fait pas peur), il y a possibilité de demander l'intervention d'un PNJ dans un de tes topics ou bien t'inscrire avec d'autres personnes sur ce sujet pour que le staff te concocte une petite aventure dans les ténèbres de Daggerhorn !


Même si tu connais largement le chemin What a Face

Amuse toi bien avec Rhys (Ahhh Aidan )

Par contre, tu rejoins quel groupe du coup ? Inquisiteurs ou Sorcières ?
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MessageSujet: Re: Rhys L. Oakstone

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