Sujet: Us girls we are so magical [PV Grace] Lun 19 Déc - 22:06
Deux semaines coincée dans cette villa morose qui me haïssait, c'était plus que je ne pouvais le supporter, même délirante de fièvre. C'était sans doute ridicule de se dire qu'une maison pouvait nous détester, mais c'était pourtant vraiment l'impression que j'en avais. Mon mari me détestait et me forçait à coucher dans l'écurie comme la dernière des souillons, les domestiques riaient de ma naïveté et de ma jeunesse dans mon dos en s'inclinant ostensiblement devant moi et en faisant les sourds lorsque je donnais un ordre que Rafael n'avait pas approuvé. C'était épuisant que de devoir toujours attendre qu'il ait un peu de temps libre pour écouter mes demandes afin de pouvoir faire quelque chose. J'avais appris à aimer la marche à pied car si j'avais dû attendre son autorisation pour que l'on me prépare un cheval chaque fois que je voulais aller à Daggerhorn, je ne serais jamais sortie. Il n'y avait que le dimanche que l'on m'en préparait un sans instructions de sa part, afin de me permettre d'aller à l'église. Oh, nous n'étions pas très loin du centre ; dix minutes à pied sans doute, ce n'était rien, mais je n'avais jamais marché de ma vie et c'était déjà beaucoup pour moi.
Grace, ma seule amie finalement, m'avait atrocement manquée. Cela faisait quelque jours que je me sentais mieux mais Seth Merwood, qui était passé presque tous les jours, avait catégoriquement refusé que je quitte le lit, et il n'avait accepté qu'à contrecœur de me laisser sortir ce dimanche-ci pour que je puisse enfin retourner à la messe, me sommant de bien me couvrir et de ne pas m'attarder après l'office. Je savais déjà que j'allais ouvertement lui désobéir. La fille du maréchal-ferrant était l'unique personne qui me faisait m sentir bien ici en Angleterre, et il était hors de question que je restasse un jour de plus sans lui parler. Je savais qu'il faudrait bien encore une bonne semaine avant que j'aie le courage de marcher dans la neige recouvrant le pays - de la neige ! C'était la première fois de ma vie que j'en voyais ! - et donc une semaine avant de la revoir, dimanche prochain. Je n'attendrais pas jusque-là pour lui parler de nouveau.
Le seul point positif de ces deux semaines était que mon époux m'avait laissée en paix, se satisfaisant auprès de servantes et dormant seul dans le lit conjugal, alors que je me contentais d'une couchette et de bonnes couvertures. Cependant je ne savais vraiment si je devais en être heureuse. Il m'avait fait connaître un début de plaisir ce soir-là, et quelque part j'étais avide à l'idée d'en apprendre plus, maintenant que je savais qu'il en était capable. Le seul problème était que je ne l'aimais pas. Je le détestais. Et ces gestes sans doute censés être instinctifs ne me venaient pas le moins du monde naturellement. Je savais que je serais gênée, incapable de prendre une quelconque initiative. Pourtant, n'importe quoi pour que ce que je subissais tous les soirs s'améliore...
Et dans ma petite cervelle de noble, j'avais fait un de ces raccourcis propres aux clichés blessants que j'émettais souvent et sur lesquelles Grace me reprenait doucement, jamais en colère mais toujours assez franche. Cela m'arrivait de moins en moins mais néanmoins, aujourd'hui je m'étais dit que Grace, qui n'était pas noble, bien plus libre que moi lorsqu'il s'agissait d'aimer, et en plus plus âgée, devait certainement connaître mieux que moi ces choses-là, les ayant sans aucun doute déjà expérimentées, et par choix, pas par obligation. Je l'avais croisée avant la messe, lui expliquant rapidement les raisons de mon absence, l'enlaçant dans mes bras, trop ravie de la revoir. Et après l'office, sortant avec elle, j'attendis que les gens autour de nous se soient un peu dispersés avant de lui murmurer, quelque peu hésitante :
- Dis-moi, Grace... J'aurais une question plutôt intime à te poser... Je... Tu... Aurais-tu déjà... Saurais-tu comment satisfaire un homme ?
Mes joues d'italienne déjà rosies par le froid auquel je n'étais pas habituée avaient tourné au carmin.
Sujet: Re: Us girls we are so magical [PV Grace] Jeu 22 Déc - 16:42
Ma vie m'échappait. Lentement, elle me filait entre les doigts et je ne la vivais plus. Jaimie me hantait, ses baisers, ses caresses me manquaient et ses regards brûlants étaient des tisons ardents qui me dévoraient la peau. Deux ans... Voilà l'échéance, voilà le temps qu'il me restait au purgatoire, avant de plonger en enfer. Deux ans à devoir éviter ses tentatives, à devoir rester sourdes aux appels de mon corps, de mon âme et de mon cœur. Il n'y avait que lui, je n'aimerais jamais que lui et cela m'était pourtant interdit. Il pouvait se passer tellement de choses en deux ans... Il pouvait se lasser de moi et tomber amoureux d'une autre femme. Ce serait sans doute le mieux. Cela serait nous épargné les tourments des flammes de l'enfer lors de notre comparution devant l'Éternel. Et je savais aussi que cela me détruirait s'il se détournait de moi. Mais j'étais prête à ce genre de sacrifices pour la sauvegarde de nos âmes et c'était bien cela qu'il ne comprenait pas.
J'écoutais à peine la masse ce jour là. J'étais trop centrée sur moi, me surprenant à me remémorer les mains de Jaimie sur moi, sa bouche sur la mienne. Sa violence envers moi ne naissait que de sa frustration et si j'y étais indifférente, il n'en était pas de même lorsqu'il laissait voir sa douleur, quand je sentais sa voix trembler ou ses yeux s'humidifier devant la souffrance qu'il ressentait, une souffrance jumelle de la mienne mais pour des raisons différentes. Il souffrait que je me refuse à lui, je souffrais de l'aimer tellement... Sa douleur venait de mon refus. Si je cédais, il serait enfin délivré et moi... Jamais je ne connaîtrais le repos. Que je me donne à lui, autant qu'il le souhaite ou que je me refuse, je serais toujours déchirée entre l'appel de mon cœur et la raison. A cause de ma peur du très Haut.
Vittoria était présente aujourd'hui, après deux semaines d'absence dont je n'avais apprit la raison qu'il y a quelques instants. Je n'avais pas osé me payer le luxe d'aller m'enquérir de son état jusque chez elle. Son époux me faisait peur et je n'étais pas certaine qu'il voit d'un très bon œil qu'une petite paysanne dans mon genre noue une amitié avec sa femme racée. Aussi m'étais-je abstenue en rongeant mon frein et en priant pour qu'elle n'ai rien de grave. Je fus rassurée en la voyant réapparaître alors qu'elle me prenait dans ses bras le plus naturellement du monde, en faisant fi des barrières sociales. Elle avait été malade et alitée, mais ça allait mieux. Je la trouvais un peu pâle, mais globalement en bonne santé.
Quand la messe se termina, je laissai mes parents pour aller rejoindre Vittoria qui semblait vouloir me parler. Elle me prit par le bras avant de me murmurer quelque chose qui me figea. Je cessai brusquement de marcher alors qu'une douce chaleur me creusait le ventre, tandis que sa question faisait naître des souvenirs en moi. Savais-je comment satisfaire un homme ? Non... j'avais déjà couché avec un homme, avec mon frère, mais j'étais trop craintive pour lui donner du plaisir, même si... Il semblerait que son sexe soit une zone qui lui donne du plaisir et que des caresses maladroites suffisent à le contenter. J'imaginais qu'en poussant davantage...
Je la tirais alors à ma suite, avant de nous arrêter dans un coin désert et abrité des regards, m'asseyant sur un tas de bois et soufflant :
- Tu devrais avoir plus d'expérience que moi dans ce domaine, tu es mariée...
Et moi, je ne l'étais pas. Je n'étais pas censée ne plus être vierge. Je ne voulais pas lui mentir, mais je ne pouvais pas lui parler de Jaimie. Impossible, aussi fort soit mon désir de confier mon tourment. Mais elle me jugerait d'hérétique, de sorcière ou je ne sais quoi et se détournerait de moi. Je ne le voulais pas.
- Je... je crois que les caresser leur procure du plaisir...
Mes joues me brûlaient. C'était tellement étrange de parler ainsi. De parler de ces choses là. Mais nous étions tellement ignorantes. Le plus drôle, c'est qu'il me suffirait de demander à Jaimie ce qui lui faisait plaisir pour qu'il me réponde d'un air frondeur.
Sujet: Re: Us girls we are so magical [PV Grace] Dim 25 Déc - 15:02
J'avais regretté de lui avoir posé cette question à la seconde où elle s'était échappée de mes lèvres. C'était un sujet gênant, intime, privé, et Grace avait toujours été extrêmement discrète. Ce n'était définitivement pas le genre de gourde cherchant à conquérir tous les plus beaux partis du village, se roulant dans le foin des granges. Quelque part, j'avais presque honte d'avoir presque pensé cela de ma seule et meilleure amie. C'était dégradant pour elle. J'espérais juste qu'elle ne comprendrait pas le fil de pensées qui m'avait amené à lui poser une telle question. Après tout, cela pouvait aussi être une simple question.
Sauf que vu comment j'étais gênée en la posant, il était évident que j'avais un but. Sinon, jamais je n'aurais osé lui demander une chose pareille. J'avais été élevée dans la pudeur, la discrétion, les apparences, on ne parlait pas de ces choses réservées strictement à la chambre à coucher le soir entre vingt-deux heures et vingt-trois heures. Et Grace était pudique et réservée, elle l'avait toujours été, en même temps que dotée d'un certain courage qui l'avait poussée à m'aborder. Toutes ces qualités étaient précisément pourquoi je l'aimais autant. Comment pouvais-je lui demander pareille chose à elle ?
Je me laissai entraîner, à vrai dire peu désireuse de parler de cela devant un lieu saint. Je songeai à part moi que Dieu ne pourrait sans doute pas m'en vouloir puisque je cherchais à m'instruire pour remplir mes devoirs d'épouse... Mais à vrai dire, je les remplissais déjà, au sens le plus strict du terme. Chercher à en recevoir du plaisir, était-ce un péché de luxure ? Je n'en savais rien du tout ; je ne m'y connaissais pas assez en la matière pour pouvoir répondre à une telle question.
- Je suis mariée, mais je n'aime pas mon époux, là est la différence. Ah, pour ce qui est de l'aspect technique de la question, je le subis plus souvent qu'à mon tour ! Je voudrais juste... que ce soit plus agréable...
Mes joues s'enflammaient de plus belle, mais désormais mes yeux s'emplissaient de larmes. Je n'avais jamais vraiment avoué à Grace comment cela se passait avec mon mari, même si, à mots couverts, elle devait déjà s'en douter. Elle devait savoir que je n'étais pas amoureuse de lui, que ce n'était rien qu'un mariage arrangé, mais sans doute pas que je le détestais aussi, que chacune de ses intrusions dans le lit conjugal me faisait atrocement souffrir, et qu'il n'y avait rien que je haïssais davantage que cet acte censé nous procurer du plaisir.
- Les... caresser ? balbutiai-je, autant hésitante à prononcer de tels mots qu'elle. Mais... comment ? Je veux dire... Je ne peux rien faire. Il vient, il me prend, il repart. Comment puis-je prendre la moindre initiative ?
Sujet: Re: Us girls we are so magical [PV Grace] Mer 4 Jan - 11:45
Je m'étais attendue à aborder bien des sujets avec Vittoria, mais jamais un sujet aussi intime et même défendu que le plaisir entre un homme et une femme. Même si, c'était normalement, avant tout un devoir entre une épouse et son mari. Avec Jaimie, je connaissais la jouissance, j'appelais de mes vœux nos étreintes, parce qu'elles éveillaient en moi une douce volupté et que je me sentais complète quand il était en moi. Un péché si grand que mon âme en était irrémédiablement entachée et que je ne connaitrais jamais le repos à ma mort, je le savais déjà. Mais il était bien plus difficile de lutter contre cette attraction, surtout que Jaimie ne m'y aidait en rien, malheureusement.
Je décidai alors d'entrainer Vittoria loin des oreilles indiscrètes et de la maison du Seigneur. Il me semblait outrage que de parler de cela avec l'église en toile de fond. Le plaisir n'était pas la chose la première à rechercher dans l'acte sexuel, c'était la conception d'un enfant, la survie de l'espèce, et voilà tout. Le plaisir... Et bien, on n'en parlait jamais et jamais je n'aurais pensé cela primordial si je ne l'avais connu dans les bras de mon frère.
Je m'asseyais alors, avant de lui souffler qu'elle aurait du en savoir davantage, puisqu'elle, elle était mariée, à un époux qui me filait la chair de poule certes, mais qui était de belle prestance et ne devais pas être très difficile à désirer. Pourtant, la réponse de Vittoria n'allait pas en ce sens. Elle était mariée mais ne l'aimait pas. Elle accomplissait simplement son devoir. J'ouvris des yeux horrifiés quand elle me confia subir ses assauts et n'en ressentir absolument aucun plaisir... Cette brute se jetait-il donc sur elle, la besognait et l'abandonnait ? Oui, c'était bien le genre.
- Cela peut être infiniment agréable...
Si Vittoria avait les joues rouges, je n'étais pas en reste alors que je soufflais ces mots, le regard pudiquement baissé. Oui, c'était même la chose la plus agréable qu'il m'ait été donné de connaître. Surtout quand la conscience n'était pas assaillie. Je lui glissai donc qu'on pouvait caresser leur virilité pour leur amener du plaisir. Elle sembla tomber des nues, me répliquant qu'elle ne pouvait rien faire, subissant simplement une étreinte rapide et sans doute violente. Évidemment, dans ces cas là, c'était un peu plus délicat...
- Je... Je ne sais pas... Cela ne s'est pas passé ainsi pour moi, mon... compagnon a veillé à ce que j'éprouve du plaisir, à ce que je m'ouvre à lui, ça rend la chose plus naturelle et le passage moins... difficile.
Je toussotai, avant de souffler :
- Par tous les saints Vittoria, mais de quoi sommes-nous en train de parler ?
C'était indécent, gênant, mais elle en avait besoin, alors je me devais de rejeter ma gêne pour simplement l'aider, même si je doutais d'être d'un grand secours.
- Tu es jolie Vittoria. Il faudrait qu'il voit davantage une femme désirable d'une enfant sous sa coupe. Il faudrait peut-être que tu prennes des initiatives, que tu ailles au devant de lui, mais en étant femme, en cherchant à le séduire et pas simplement à remplir ton devoir. Peut-être qu'il te verrait sous un autre jour et serait plus enclin à prendre son temps et à jouer de ton corps...
Peut-être, je ne pouvais jurer de rien, ne connaissant en rien son époux. Et si en plus, l'acte la dégoutait, difficile de l'inciter à la prendre si elle en avait peur.
Sujet: Re: Us girls we are so magical [PV Grace] Jeu 9 Fév - 0:06
Infiniment agréable, vraiment ? Le disait-elle comme cela ou savait-elle vraiment de quoi elle parlait ? Grace était une fille pure et n'eût été mes clichés sur les paysannes et les gens de petite naissance, j'aurais été persuadée de sa virginité. De toute façon, ce n'étaient pas des choses auxquelles l'on devait réfléchir. C'était tout à fait inconvenant. Et nous en parlions ainsi ! Mais j'avais vraiment besoin de conseils, ou sinon je n'aurais jamais osé lui demander une telle chose. Grace était adorable de le comprendre. C'était réellement ma seule véritable amie... Ma famille me manquait parfois terriblement. Que n'eussé-je donné pour redevenir une petite fille !
Sa phrase suivante me confirma cependant ce que je pensais, à savoir qu'elle connaissait l'acte, et qu'elle avait été dans la possibilité de choisir quelqu'un qui prendrait garde à elle.
- Tu as de la chance, murmurai-je, presque au bord des larmes aux souvenirs des tortures que j'avais subies.
Oui, à mon sens, c'était une véritable torture. Je n'en pouvais plus, j'étais épuisée, tout mon corps était douloureux, et malgré tout ce que j'endurais mon cycle de lune s'obstinait à revenir chaque mois avec une régularité désespérante.
- Oh, Grace, je l'ignore ! Mais comprends que si je te pose cette question, c'est que c'est d'une réelle importance pour moi ! J'ai vraiment besoin d'une amie, en ce moment, et tu es la seule à qui je puisse en parler sans être jugée. Je t'en prie, ne m'abandonne pas !
Mais non, elle ne me laissait pas. Je la voyais en miroir de moi, aussi rouge, se tordant les mains, fuyant mon regard. Nous étions toutes les deux atrocement gênées et pourtant, si j'avais commencé, je devais aller jusqu'au bout de ma démarche, sinon, à quoi bon ? Je voulais que cela s'arrête. Et puis, au fond de moi, un petit côté vengeur, reste sans doute de mes caprices d'enfant, voulait lui faire payer cette frustration qu'il avait fait naître, bien décidée à être capable d'en faire de même avec lui. Consciemment, je n'en étais pas encore là, mais je voulais être capable de le rendre dépendant de mes caresses, de l'empêcher de venir simplement visiter ma couche en l'espace de cinq à dix minutes pour le forcer à en réclamer davantage. C'était possible ! C'était forcément possible ! Car au fond, c'était le seul pouvoir que les femmes avaient sur les hommes... Il devait être possible d'en jouer.
- Regarde-moi, Grace... Je suis une enfant. Je n'ai que quinze ans et j'ai amené mes jouets d'Italie pour m'occuper lorsque mon mari me dédaigne - c'est-à-dire en permanence, songeai-je à part moi sans le formuler à haute voix. Je n'ai personne à mon service pour m'aider à m'habiller ou me comporter de manière plus séduisante, je n'ai plus aucune figure adulte qui pourrait me servir de modèle - je suis totalement seule. Je ne sais pas comment faire pour me comporter de manière plus... plus... De manière à ce qu'il me regarde autrement que comme un ventre à remplir !
Sujet: Re: Us girls we are so magical [PV Grace] Sam 11 Fév - 19:13
Je me mordis la lèvre inférieure, soudainement trop sensible à la détresse de Vittoria alors qu'elle me soufflait que j'avais de la chance de connaître cela de façon agréable. Je ne pouvais pas dire le contraire, aussi torturée soit ma conscience, mon corps, lui, après les caresses et les attentions de Jaimie, était totalement comblé. Il n'avait jamais été brutal, ne m'avait jamais fait mal, pas quand je me donnais à lui. Il pouvait être violente quand il était frustré, mais dés lors que j'étais à lui, il était le plus doux et le plus attentionné des amants. Spontanément, ma main vola sur la sienne et je la serrai, avec compassion, une lueur de profonde empathie au fond des yeux. Pauvre petite Vittoria, arrachée à sa famille, à son pays, exilée ici, dans un village peuplé de monstres et avec un mari qui ne l'aimait même pas et n'avait même pas la décence de rendre le devoir conjugal agréable. Si encore, il avait adouci sa solitude, mais ce salopard de Rafael était trop égoïste et imbus de lui-même pour faire plaisir à sa toute jeune épouse. Pourquoi aller la chercher si loin pour ensuite la dédaigner et ne se souvenir d'elle que pour lui labourer le ventre et l'abandonner son devoir accompli ?
J'étais pourtant horrifiée de parler de ces choses là avec elle. Ce n'était pas un sujet qu'on abordait en général, même si je voyais que Vittoria avait besoin de conseils. Je n'étais pas certaine d'être la personne la plus apte à l'aider, mais j'étais sa seule amie, j'étais un peu plus âgée, alors je devais sans doute prendre le rôle de grande sœur dans son esprit, comme elle me semblait être une petite sœur. Et elle était désespérée. Je souris, réconfortante alors qu'elle me suppliait de ne pas l'abandonner.
- Je ne te laisserais pas tomber Vittoria, je te le promets.
Tant pis si la conversation semblait totalement surréaliste. Si elle me mettait mal à l'aise. Si je devais, pour l'aider, faire taire ma propre honte de parler de mon amour pour mon frère. Si elle savait cela... Elle me fuirait. Alors je tentai quelques conseils, sans doute maladroits. Je n'avais pas besoin de séduire Jaimie, il l'était déjà... Je n'avais besoin de rien faire, sinon céder à ses baisers et me laisser faire, bien que je me découvrais des envies de lui faire plaisir, de l'entendre gémir sous mes doigts maladroits.
Vittoria protesta alors, se disant être une enfant et avoir amené ses jouets pour s'occuper quand son mari la dédaignait. Elle n'avait aucun modèle, aucune aide pour se faire... séductrice. Livrée à elle-même, Vittoria ne savait que faire. Je hochai la tête.
- Non, tu n'es une enfant que parce que tu te considères comme telle. Et tant que tu ne te verras pas femme, ton époux ne le fera pas non plus. Pour le séduire, il faut être certaine de ton charme, de tes atouts... C'est... une attitude... C'est difficile à expliquer.
Us girls we are so magical [PV Grace]
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