(SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan

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MessageSujet: (SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan Ven 18 Nov - 1:26

Irrationnel peut-être. Je savais bien qu'Erwan pouvait se débrouiller sans moi. Il l'avait toujours fait auparavant, ce n'était pas des fiançailles qui allaient y changer quelque chose. Malgré tout, après sa blessure, avec Salomon dans le coin...Je n'étais pas certaine de ce qui pouvait lui arriver. Et j'avais tellement peur de le perdre ! Même en sachant que je ne pourrais rien pour lui, sauf m'interposer entre mon fiancé et les autres loups, ce qui nous vaudrait probablement plus de blessures que d'autres choses à tous les deux. Lui parce qu'il ferait quelque chose de stupide alors que je ne courrais aucun danger, moi parce que je devrais suivre ses mouvements idiots. Malgré tout, je devais le faire. Je gardais une saine distance entre nous - l'idiot, il se promenait seul ! - tout en veillant à toujours l'entendre ou le voir. Ce n'était pas trop compliqué, j'espérais seulement qu'il ne me remarque pas. Malheureusement pour moi, je fus obligée de lâcher un grondement sonore, qui n'avait sûrement pas passé inaperçu. Un loup, j'identifiai Richard, s'approchait trop d'Erwan et je tenais à ce qu'il se souvienne de qui s'en sortirait indemme si je l'attaquais.

Tu ne seras pas toujours là, Zoey Reed, tu ne pourras pas toujours le protéger.

Vas-t-en. Maintenant !
D'ailleurs, que dirait-il s'il l'apprenait, ma pauvre Zoey ?


La fourrure s'hérissa sur mon dos et je grognai de nouveau, laissant voir mes crocs, cette fois-ci. Dans un espèce de rire idiot, il se retira, se cherchant probablement un peu de sang frais à se mettre sous la patte. Pour ma part, je me contentai de continuer à suivre mon fiancé dans son dédale silencieux. Pourquoi être seul ? J'avais peur que Salomon ne lui ait tendu un quelconque piège, à vrai dire. J'avais peur de tout, cela dit, même qu'il tombe sur une roche un peu trop grosse et qu'il ne se relève pas. Finalement, il s'arrête au bord du ruisseau et je restai entre les arbres, tapie, ma tête reposant sur mes larges pattes, mon regard brillant dans le noir alors que j'observais l'objet de tous mes désirs effectuer une de ses dernières rondes. Quelques mois...quelques mois et je n'aurais plus à avoir peur.
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MessageSujet: Re: (SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan Ven 18 Nov - 2:02

J'étais seul, et pourtant j'avais cette impression persistante.

Je marchais, dans la nuit blanche et pâle, aussi pâle que la lumière de la lune, et mon instinct me hurlait de cesser d'avancer, de me retourner et de faire face au danger. Je sentais qu'il ne fallait pas que j'aille de l'avant, je sentais que ce que je recherchais était juste derrière moi. Pourtant c'était ridicule. Si un loup m'avait suivi, il m'aurait agressé depuis longtemps. J'étais seul, j'étais loin du village, en somme je me comportais de la manière la plus stupide qui soit et me désignant comme une cible idéale, pourquoi un loup m'aurait-il suivi au lieu de m'attaquer ? Je ne croyais pas Zoey suffisamment influente pour interdire à tous l'idée même de me toucher. Et elle n'avait pas à le faire. Je m'étais toujours débrouillé, je me débrouillerais toujours, comme elle me le disait en soupirant lorsque je lui rappelais où elle ne devait pas aller, où elle serait en sécurité.

Néanmoins, cette sensation atroce... D'être suivi, d'avoir des yeux posés sur la nuque, guettant le moindre de vos mouvements. Insupportable. Je me figeai brusquement alors que j'entendais un grondement. Ma lame au clair, je me retournai, scrutant l'obscurité des arbres. Là... Ils étaient là. Deux loups. Je me tendis en entendant les trois phrases échangés et me tournai de nouveau immédiatement, comme si de rien n'était.

Je n'en revenais pas que Zoey ait ainsi le culot de me suivre, comme une maman incapable de laisser son gosse sans surveillance. Pour l'amour du ciel, me prenait-elle donc tant que cela pour un incapable ? Mais qu'est-ce que cela serait lorsque je ne serais même plus un Red Riding Hood, alors ?

Je continuai à marcher, désormais beaucoup plus attentifs aux bruits qu'elle faisait, sans plus avoir cette affreuse sensation d'être suivi par l'inconnu. Néanmoins, si c'était moins effrayant, c'était bien plus agaçant. Allait-elle finir, oui ou non, par se révéler à moi ? Aurait-elle au moins la franchise d'admettre qu'elle était là ? Qu'elle ne me faisait pas confiance ?

N'y tenant plus, je finis par m'arrêter au bord du ruisseau. J'hésitai un instant sur la conduite à suivre, avant de me contenter de m'asseoir sur un rocher, laissant négligemment mon épée à côté de moi. De toute façon, je ne risquais rien, n'est-ce pas ? songeai-je avec une ironie amère.

- Et si tu venais me tenir compagnie ? dis-je à haute voix. Une balade au clair de lune, voilà qui serait bien romantique.

N'essaye même pas de te cacher, Zoey.
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MessageSujet: Re: (SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan Ven 18 Nov - 2:58

Je ne restai pas très longtemps en place. Quelques secondes de silence tout au plus, avant qu'il ne se fasse entendre. Nul doute qu'il s'adressait à moi, je doutais qu'il propose une ballade romantique à Richard, ou n'importe quel autre loup - j'en doutais et si cela devait arriver, je leur arracherait tous deux la tête. De plus, il n'y avait personne qui fut proche, personne d'autre que moi qui pouvait entendre cette demande. Je me levai lentement, m'approchant en silence de lui.

J'avais senti dans sa voix sa légère tension, il était inutile de la cacher. Ah, évidemment, je brimais ta liberté en venant ici, cela te faisait croire que je ne te faisais pas confiance. Non, le contraire était vrai, je lui faisais trop confiance. Je savais qu'il se battrait contre le plus fort des canidés en espérant pouvoir s'en sortir, mais sans se rendre compte qu'il risquait la mort si une seule morsure survenait. Quant à moi, je n'avais pas voulu qu'il me voit. C'était mieux pour nous deux, ainsi je n'avais pas à avouer à quel point je pouvais être inquiète de sa sécurité, et lui n'avait pas à savoir que si les loups fuyaient ce soir ce n'était pas par peur. Trois mois, trois petits mois, six nuits ! Six nuits et nous n'aurions plus jamais à craindre l'un pour l'autre, puisque nous vivrions cela ensemble.

Je m'arrêtai à ses pieds, frôlant de mon flanc sa jambe. Je savais qu'il ne serait pas content, mais que pouvais-je dire ? Il saurait que je l'avais fait par crainte et me le reprocherait, je pouvais toujours lui mentir en lui disant que j'avais quelque chose d'important à lui dire, mais cela aurait pu attendre au lever du soleil, j'aurais pu le lui dire avant. Du reste, je préfèrais être franche. Nos derniers mensonges avaient laissés une trace sanglante dans mon coeur et le sien, et si la réconciliation avait été vive et passionnée, presque plus que la dispute enflammée, je ne tenais pas à en vivre trop souvent.

Depuis quand ?

À quel moment t'es-tu rendu compte que je te suivais comme une ombre ? Suis-je une si mauvaise pisteuse, me sais-tu présente depuis le début de la nuit ou n'est-ce que récent, des yeux trop jaunes dans la forêt noire, un mouvement trop rapide ?
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MessageSujet: Re: (SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan Ven 18 Nov - 5:17

Ma main vint presque naturellement flatter son encolure, se glissant dans son poil doux et lisse. Je m'en voulus ; je ne voulais pas lui montrer de geste affectueux, pas alors qu'elle s'était jouée de moi, mais c'était ainsi, je ne pouvais réellement m'en empêcher. Elle était si belle, tellement plus affirmée sous sa forme de loup. Sauvage, assurée, resplendissante. Elle était faite pour en être une, c'était d'une évidence rare. Et moi alors ? Aurait-elle cette même impression, si nette, lorsque je serais un loup également, aurait-elle la sensation que j'étais à ma place, que j'étais celui que je devais être ? Une brusque inquiétude m'étreignit le cœur soudain, une angoisse qui ne m'avait jamais effleuré de ma vie. Et si je n'étais vraiment pas fait pour être un loup ?

- Longtemps, répondis-je abruptement, ne désirant guère être aimable avec elle.

Je me radoucis un peu en me rapprochant d'elle, en soupirant :

- Je sentais que quelqu'un... quelque chose... me suivait. Mais c'était une simple impression. J'ai su que c'était toi quand tu as rencontré cet autre loup.

Mes sourcils se froncèrent, mes yeux de glace soutinrent ses iris d'or.

- Pourquoi, Zoey ? Ne crois-tu pas que je sois assez grand pour me débrouiller seul ? Comme tu me l'as si souvent dit toi-même, avant d'être avec toi, j'étais seul. Et je n'ai jamais eu de problèmes.

La froideur dans ma voix était audible. Elle savait forcément que je n'apprécierais pas d'être couvé comme un enfant. De quel droit avait-elle fait cela ? Pourquoi n'avait-elle pas simplement profité de sa liberté si rare pour courir les bois et les champs, laissant libre cours à sa sauvagerie et sa liberté ? Non, elle préférait se brider, simplement pour me surveiller. Mais je n'étais pas un gosse, pas un de ses foutus frères !

- Tu fais exactement ce que tu me reproches de faire à ton égard.
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MessageSujet: Re: (SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan Ven 18 Nov - 22:36

C’était agréable de sentir ses mains fouiller ma fourrure. Je fermai à demi les yeux, appréciant la sensation de caresse. C’était étrange, parce que j’étais bien plus habituée à la violence qu’à sa douceur, même si ce geste, à force de répétitions, devenait plus naturel. Ce n’était pas aussi déroutant que la première fois, mais je n’arrivais pas à considérer les mains humaines s’enfouissant dans mon poil comme quelque chose de normal. De la part de n’importe qui d’autre qu'Erwan, je l’aurais refusé. Ma tête se posa sur ses jambes, recherchant son contact même sous cette forme.


Effectivement, ce n’était pas des plus subtils. Pardonne-moi, je n’aurais pas dû.

Je comprenais sa fureur, oui. Mais je n’allais pas lui dire que j’étais désolée de l’avoir suivi, je ne l’étais pas. Richard était un loup de troisième génération, assez grand, plutôt fort. Un monstre qui faisait facilement la taille d’Erwan et dont je n’avais aucune envie qu’il parvienne jusqu’à lui. Peut-être, oui, qu’il l’aurait. Mais peut-être aussi qu’il serait mortellement blessé et que je ne pourrais pas le sauver, cette fois. Dans le doute, je préférais me le mettre à dos, sachant que de toute façon le lendemain il serait obligé d’agir comme à l’habitude avec moi, faute de pouvoir expliquer pourquoi il m’en voulait alors que logiquement, nous ne serions pas supposés nous être vus.

Pour les mêmes raisons que tu te sens obligé de me faire apprendre par cœur le trajet de tes hommes ainsi que la disposition exacte des pièges. Parce que je t’aime et que je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose.

Je soutenais son regard sans ciller, sans même me sentir coupable. Je ne le lâcherais pas tant qu’il ne ferait pas équipe avant quelqu’un d’autre, quand bien même serait-il en colère après moi. Il n’allait pas me tirer dessus, j’en étais certaine, alors je ne risquais rien.

D’accord, nous sommes deux idiots trop protecteurs. Il n’empêche que tu n’as aucun moyen de me faire fuir et que je suis plus rapide que toi.
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MessageSujet: Re: (SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan Lun 21 Nov - 3:33

Sa tête était étonnamment lourde malgré son apparente finesse et me cloua au sol alors qu'elle la posait sur mes cuisses, ses grands yeux dorés relevés vers mon visage. Cependant, si ses paroles étaient dit sur un ton d'excuse et de contrition, je ne retrouvais nullement ces sentiments dans son regard. Elle me demandait peut-être de la pardonner, mais elle ne regrettait nullement son acte, et elle l'aurait refait au risque de devoir à nouveau s'excuser, c'était visible. Naturellement, j'étais fier d'elle, de sa sauvagerie, de sa liberté - je ne me serais pas plu avec une femme soumise. Mais parfois, cela me tapait sur les nerfs. En vérité à chaque fois qu'elle n'abondait pas dans mon sens, évidemment. On ne pouvait pas tout avoir.

- Non, tu n'aurais pas dû, murmurai-je.

Néanmoins, je pouvais la comprendre, j'étais toujours plongé dans les mêmes affres qu'elle un soir de pleine lune. D'ailleurs j'allais sans doute me faire passer un savon dans peu de temps. Je lui avais promis d'être prudent et je me promenais tout seul un soir où une simple morsure était mortelle. Je serrai brutalement les dents. L'absence absolue de loups dans mon sillage s'expliquait soudainement plutôt bien. Je ne savais si elle avait assez d'influence pour les empêcher de m'attaquer, mais elle en avait certainement assez pour les rejeter alors qu'elle était sur place. Tiens, elle avait dû assister à mon entrevue avec Sixte, du coup... Je fis la grimace. Bientôt, je ne prendrais même plus mon épée pour aller dans les bois la nuit de pleine lune, mais un service à thé et une assiette de cookies.

- Mais je ne te suis pas. Je te laisse profiter de ta liberté comme tu l'entends. On ne peut pas être ensemble même les nuits de pleine lune, Zoey... Pas encore.

Dieu merci, cette dualité dans notre couple serait bientôt terminée. C'était d'un ridicule consommé, néanmoins je n'avais pas le droit de simplement arrêter de chasser les loups, pas comme cela. Alors nous étions bien obligés de continuer comme avant... Sauf qu'elle se privait de ses deux nuits de bonheur par mois, et que je me retrouvais à taper la causette à tous les loups du coin au lieu de les chasser. Ben voyons !

Je baissai les yeux sur elle en fronçant les sourcils.

- Oh, non... Dis-moi, tu n'oserais tout de même pas m'attaquer pour me forcer à ne pas rester seul dans la forêt ?

Si, elle en était tout à fait capable. Le ferait-elle ? Irait-elle ainsi contre ma volonté ? Moi, je ne lui avais jamais rien imposé. Bien sûr que j'étais excessivement prudent, lui dévoilant sans honte tous nos plans, mais lorsque la pleine lune se levait, je la laissais bien libre de faire ce qu'elle voulait. Pas elle.

Enfin, elle n'avait nul besoin de s'en prendre à moi pour m'empêcher d'avancer. Pour l'instant, il lui suffisait de ne pas bouger, sa lourde tête posée sur mes genoux. Mes doigts continuaient à s'enfoncer dans son encolure, d'une manière un peu absente. Son pelage était si doux...


Dernière édition par Erwan Dickinson le Mar 22 Nov - 4:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan Mar 22 Nov - 0:42

Tu ne me suis pas parce que tu ne peux pas le faire.

À l'instant même où je m’apercevrais de sa présence, je n'aurais qu'à fuir et je lui souhaitais bonne chance s'il voulait me rattraper. Je ne ferais plus l'idiotie d'aller me terrer dans un cul-de-sac, non. On ne m'avait jamais attrapée en tant d'années, ce n'était pas pour rien. Quand je n'étais pas en état de panique, je réfléchissais très bien et il devenait impossible de m'avoir autrement que par la ruse. Malheureusement pour lui, puisqu'il me confiait chaque mini-plan qui lui passait par la tête, au cas où un autre de ses hommes aurait l'idée, il ne pouvait pas me piéger. Il aurait trop peur qu'un autre me tombe dessus auparavant et que son orgueil ne me coûte la vie.

Par ailleurs, il me semble que tu ne respectes pas les conditions du marché. Je n'emprunte pas les routes que tu me désignes, quant à toi, tu ne devrais pas être seul ce soir. Erwan !

Le dernier mot avait tout d'un grognement. Il savait très bien que je n'étais pas chaude à l'idée de le laisser se promener seul alors qu'il y avait une multitude de loups prêts à dégommer le chef des prêtres. J'étais déjà plus rassurée lorsqu'ils étaient deux ou trois, même si mon coeur se serrait toujours lorsque j'entendais des hurlements dans le lointain. Là, je n'avais pu résister. J'avais bien fait cependant...une seule morsure, une seule dent qui pénétrait sa peau et s'en était fini de mon fiancé. Je ne pouvais pas l'accepter. Je relevai les yeux vers lui, découvrant mes crocs dans la foulée.

Je n'y avais pas pensé, à vrai dire, mais maintenant que tu en parles, ce n'est pas une mauvaise idée.

Il ne plaisantait pas et moi non plus. Il en allait de sa sécurité, pour ma part, je risquais certes des bagarres, mais puisque les RRH étaient des idiots qui se promenaient seuls comme mon cher promis, il n'était pas bien difficile de leur échapper. Non, je ne courrais aucun danger, lui par contre, si. Je ne démordrais pas tant que je ne serais pas assurée que je pourrais retrouver ma place au creux de ses bras le lendemain matin, parfaite comédie de la fiancée éprouvée qui a eu si peur toute la nuit...Oh, j'avais peur, mais d'une angoisse bien différente, il fallait le dire.

Je t'ai vu avec Sixte, Erwan. Ça aurait pu très mal finir. Et avec R...l'autre loup également. Je ne te lâcherai pas tant que tu n'auras pas trouvé quelqu'un d'autre avec qui faire ta tournée.
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MessageSujet: Re: (SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan Mar 22 Nov - 4:34

Vérité qui faisait mal et qu'elle m'assenait sans gants, mais qui n'était hélas guère qu'un fait. Je pouvais être à la tête des Red Riding Hood, l'un des meilleurs d'entre eux, l'élite de l'élite, je restais un humain, un malheureux et faible humain, lorsqu'elle était une louve, cette race magnifique, forte et puissante. Une louve de droit d'aînesse, courant les bois depuis sa plus tendre enfance. Que valais-je contre cela ? S'il lui en prenait l'envie, il lui serait facile de disparaître. Il lui suffisait de courir, courir, courir et courir encore. Je pourrais la pister, mais si elle jouait à ça toute la nuit, je ne pourrais jamais la rattraper. A moins qu'elle n'aille se terrer dans un cul-de-sac... Je ne pus m'empêcher de rire légèrement à ce souvenir, cette fois où je l'avais rencontrée sous sa forme de louve sans même la reconnaître malgré toutes les évidences prouvant que c'était elle. Ce fut la seule réponse qu'elle obtint.

Je me raidis alors qu'elle prononçait mon nom dans un grognement rauque, presque un aboiement. Si nous n'avions pas été qui nous étions, dans la situation dans laquelle nous étions, j'aurais cru qu'elle s'apprêtait à me sauter à la gorge.

- C'est bon ! Il ne m'est rien arrivé ! rétorquai-je agacé. Par ailleurs, c'est un peu de la triche ; comment puis-je vérifier, moi, que tu n'ailles pas sur les chemins que tu désires ? Je suis désavantagé.

Étrange comme nous étions en train de transformer cela en petite guéguerre de compétences. Je cours plus vite que toi, je saurai me cacher, je peux t'éviter quand tu ne peux pas t'enfuir. Évidemment, elle gagnait sur tous les plans. Bientôt, je pourrais vraiment me mesurer à elle... Bientôt...

Une gueule de loup-garou retroussant ses babines à quelques centimètres de votre visage est particulièrement impressionnant, mais je ne m'en souciai pas, tout entier plongé dans l'admiration de ses iris d'or fondu. Je lui souris, toujours cet air absent sur le visage. En fait, je me moquais un peu de ses critiques. J'étais fatigué de sans cesse jouer double-jeu. J'étais parfaitement bien, ici, assis avec l'eau ruisselant à mes pieds, le clair de lune baignant mon visage, et ma fiancée à mes genoux, me tançant vertement pour avoir osé me promener tout seul. Finalement, j'aimais bien l'entendre s'agacer ainsi - cela ne faisait que révéler une inquiétude bien plus grande encore que sa colère.

Me vint soudain une idée tout à fait fabuleuse et stupide.

- Eh bien voilà, j'ai trouvé. Quel meilleur garde du corps qu'une louve désespérément inquiète pour sa moitié, dis-moi ?

Je me sentais d'humeur fantasque en vérité.
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MessageSujet: Re: (SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan Jeu 24 Nov - 0:27

C'est plutôt évident, puisque je suis ici avec toi je ne peux être sur les chemins que tu m'interdis.

Il avait parlé des rochers, de l'ouest de la forêt certes, mais il n'avait jamais mentionné l'existence de pièges dans la région du lac. Certes, il pouvait toujours y avoir un Salomon qui voudrait faire à sa guise, mais je n'y croyais pas. Même lui, il ne pouvait pas rivaliser contre une meute de loups, et nous étions rusés. Nous savions qui était faible, qui devait se déplacer en bande, les meilleurs coins pour les embuscades. Malgré tout cela, il arrivait que nous soyons pris : dans ces cas-là, les plus faibles mourraient et les plus forts partaient. Point final.

Je fus tout de même heureuse lorsqu'il finit par comprendre mon bon sens. Évidemment que cela était une bonne solution, je l'avais dit et pensé et je ne l'aurais pas suivi si cela n'avait pas été nécessaire. Je savais qu'il était un grand garçon, qu'il était capable de se débrouiller seul. Cela n'empêchait pas que je puisse l'aider un peu. N'était-ce pas ça, l'amour ? Faire tout ce qui était en notre pouvoir pour protéger l'autre, sans se soucier des apparences ? Aimer et être aimé, sans qu'une question d'orgueil ne vienne mettre tous ces beaux sentiments de côté.

Et encore, si je n'étais qu'inquiète. Je n'ai aucun mal à imaginer ce que je pourrais faire à celui qui te ferait du mal, pas plus que toi probablement.

Je relevai ma tête de ses jambes, me laissant rouler au sol. J'avais gagné, il resterait avec moi pour ce soir au moins et dans quelques mois il n'aurait plus jamais rien à craindre. Il serait avec moi, nous serions seuls, loin. Au diable le sang et la meute, j'avais trouvé le mâle que je voulais pour partager ma vie et nul être ne viendrait m'en priver. J'avais presque envie de pénétrer dans l'eau, la nuit s'y prêtait, je regrettais seulement de n'être sous forme humaine. Il faudrait que je lui propose, nul doute qu'il aimerait l'idée, en amoureux de la nature qu'il était.

Si seulement tu pouvais me suivre, il y a tant de choses que je voudrais te montrer.
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MessageSujet: Re: (SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan Mar 29 Nov - 15:50

Ah oui, certes. Je levai les yeux au ciel sans répondre. Évidemment, si j'avais suivi les sentiers dangereux dont je lui avais parlé, j'aurais pu protester, mais là effectivement je n'avais pas grand-chose à dire. Je ne m'étais jamais approché des endroits risqués, justement parce que je n'avais pas très envie de croiser mes collègues. Alors, en soi, j'étais bien forcé d'admettre qu'elle, elle m'avait obéi. Nous savions tous les deux que si j'avais été dans ces zones, elle m'aurait suivi quand même, mais je renonçai à le lui faire remarquer. Et comme d'habitude, elle gagna la joute. Elle était la seule qui m'eût jamais fait céder...

- Ah non, ne t'inquiète pas pour ça, sifflai-je entre mes dents. Et c'est pour cela que je te dis où tu ne dois pas aller... Cela m'ennuierait de devoir me battre contre mes collègues pour te sauver.

Comme si elle avait besoin de mon aide. De nous deux, j'étais celui qui était le moins en sécurité actuellement. Je détestais cela. je détestais ne pas pouvoir la protéger, le fait qu'elle n'en ait pas besoin. Je savais que Zoey n'était absolument pas le genre de femme soumise courant se cacher derrière son mari au moindre problème - et l'aurais-je aimée si cela avait été le cas ? - mais néanmoins, parfois cela me blessait. Comme aujourd'hui. Je me sentais presque... rabaissé. Fierté mal placée, machisme ? Ou était-ce une réaction normale ? Je n'aurais su le dire.

- Je peux te suivre, répondis-je avec malice, riant de la voir se rouler sur le sol, un air de bonheur plaqué sur le museau. Simplement, je risque d'être pas mal à la traîne. A moins que tu ne daignes marcher, pour que je puisse être à tes côtés ?

J'étais curieux, soudainement. Je voulais savoir ce qu'elle désirait tant me faire connaître, je voulais apprendre ses secrets, sa liberté sauvage. Jamais mon corps d'humain ne m'avait paru aussi limité qu'en cet instant, alors que je sentais sa puissance près de moi et que je savais que si l'envie lui en prenait, jamais je ne pourrais la rattraper.
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MessageSujet: Re: (SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan Sam 31 Déc - 17:00

Certes, Erwan était plus intelligent que la moyenne des hommes, mais il était tout de même clair qu'il ne pouvait rien contre ma logique. Je respectais ma part du marché - j'évitais les sentiers qu'il m'avait indiqué. Rien dans le contrat tacite ne demandait que je sois loin de mon fiancé pendant cette nuit. En revanche, lui n'aurait pas dû se trouver ici seul. Dans tous les cas, j'étais gagnante. Il était seulement chanceux que je sois d'humeur frivole ce soir, sinon je l'aurais amené à Frederic du bout du museau, toutes dents dehors. Par ailleurs, je n'étais pas en totale admiration devant les autres RRH. Ça lui sauvait la peau.

Il est vrai que tu apprécies tellement tes collègues.

Il vivait avec Frederic, voyait Adam tous les jours, eux ainsi que d'autres prêtres dont j'ignorais les noms et dont je n'avais, au final, absolument rien à faire. Pourtant, je ne l'avais jamais vu les considérer comme de véritables amis. Il pouvait être poli, courtois, même aimable, mais Erwan n'aimait pas les gens. J'étais l'exception qui confirmait la règle...il était mon exception également.

Allons Erwan, tu m'as déjà attrapée une fois, tu peux bien recommencer.


Je me levai prestemment, le jaugeant du regard. S'il croyait que j'allais le porter, il se mettait un doigt dans l'oeil. Ce n'était pas digne d'une louve, et ce même si j'aimais profondément Erwan. Je n'allais pas courir à pleine capacité, voilà tout. De plus, il serait probablement curieux d'en voir plus et cela me permettrait de l'occuper assez longtemps, avec un peu de chance jusqu'à la prochaine pleine lune rouge. Du moins, je l'espérais. Sans plus l'attendre, je m'enfonçai des bois d'où je venais, faisant tout de même attention à emprunter un chemin qu'il pourrait suivre, de ces grandes pattes d'humain. La course était tellement magique, le vent de la liberté, la sensation la plus vertgineuse. Le poil ébourriffé et les pattes engourdies par tant de vitesse, je me sentais enfin bien. Erwan, en revanche...

Allons, déjà fatigué ?
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MessageSujet: Re: (SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan Sam 31 Déc - 17:01

Certes, Erwan était plus intelligent que la moyenne des hommes, mais il était tout de même clair qu'il ne pouvait rien contre ma logique. Je respectais ma part du marché - j'évitais les sentiers qu'il m'avait indiqué. Rien dans le contrat tacite ne demandait que je sois loin de mon fiancé pendant cette nuit. En revanche, lui n'aurait pas dû se trouver ici seul. Dans tous les cas, j'étais gagnante. Il était seulement chanceux que je sois d'humeur frivole ce soir, sinon je l'aurais amené à Frederic du bout du museau, toutes dents dehors. Par ailleurs, je n'étais pas en totale admiration devant les autres RRH. Ça lui sauvait la peau.

Il est vrai que tu apprécies tellement tes collègues.

Il vivait avec Frederic, voyait Adam tous les jours, eux ainsi que d'autres prêtres dont j'ignorais les noms et dont je n'avais, au final, absolument rien à faire. Pourtant, je ne l'avais jamais vu les considérer comme de véritables amis. Il pouvait être poli, courtois, même aimable, mais Erwan n'aimait pas les gens. J'étais l'exception qui confirmait la règle...il était mon exception également.

Allons Erwan, tu m'as déjà attrapée une fois, tu peux bien recommencer.


Je me levai prestemment, le jaugeant du regard. S'il croyait que j'allais le porter, il se mettait un doigt dans l'oeil. Ce n'était pas digne d'une louve, et ce même si j'aimais profondément Erwan. Je n'allais pas courir à pleine capacité, voilà tout. De plus, il serait probablement curieux d'en voir plus et cela me permettrait de l'occuper assez longtemps, avec un peu de chance jusqu'à la prochaine pleine lune rouge. Du moins, je l'espérais. Sans plus l'attendre, je m'enfonçai des bois d'où je venais, faisant tout de même attention à emprunter un chemin qu'il pourrait suivre, de ces grandes pattes d'humain. La course était tellement magique, le vent de la liberté, la sensation la plus vertgineuse. Le poil ébourriffé et les pattes engourdies par tant de vitesse, je me sentais enfin bien. Erwan, en revanche...

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MessageSujet: Re: (SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan Mar 7 Fév - 13:51

Un rire ironique me monta à la gorge alors que Zoey se moquait ouvertement de moi et de l'amour que je portais aux autres Red Riding Hood. En réalité, j'appréciais bien plus mes collègues qu'elle ne voulait bien le croire, comptant même quelques amis parmi eux, du moins des relations qui se rapprochaient autant que faire se peut d'un ami. Et justement, c'était ces relations qui étaient les plus sévères envers les loups, comme je l'étais ou l'avais été, en fait, et qui me combattraient le plus férocement s'ils me croisaient devisant gaiement avec leur pire ennemi. Mais de fait, elle avait raison. Quand bien même je regretterais de devoir les affronter, et certainement les tuer, je n'aurais aucune hésitation pour la sauver et nous sauver.

Mais contrairement à ce qu'elle pensait, si, je le regretterais. Au moins un peu.

- Je t'ai attrapée en suivant tes traces, et parce que tu t'es retrouvée acculée et as dû arrêter d'avancer. Je ne peux pas courir à la vitesse d'un loup, ne t'en déplaise.

Je soutins son regard alors que ses yeux d'or me fixaient, semblant estimer mes capacités. Zoey était pourtant si frêle à mes côtés lorsqu'elle était humaine. Mais ce soir, je n'arrivais pas à me souvenir, conscient que là était sa vraie forme et sa vraie force naturelles. Et puis elle se détourna de moi et se mit à courir.

Elle ne partit pas comme une flèche et je me rendis compte très vite qu'elle allait bien plus lentement qu'elle ne le pouvait. Cependant c'était encore juste trop rapide pour moi, et malgré ma longue foulée et ma respiration régulière, je savais que je ne pourrais la rattraper si elle ne daignait s'arrêter, ou tenir une éternité s'il lui prenait l'envie de courir toute la nuit. J'étais sportif, mais au faible niveau d'un humain.

Mais enfin elle finit par ralentir et je la rattrapai. Mon souffle était déjà beaucoup plus bruyant qu'au départ, même si je pouvais tenir encore, je n'étais pas mécontent de pouvoir me reposer un peu. Je la foudroyai du regard, expression quelque peu décrédibilisé par mon sourire éclatant de joie.

- Je ne sais pas si tu es au courant, mais un loup court plus vite qu'un homme !

Cette fois nous marchions, paisiblement, l'un à côté de l'autre. Je savais qu'elle n'aimait pas ça mais je ne pus m'empêcher de fourrer à nouveau une main dans son poil emmêlé par le vent de la course, la laissant là, dans son cou, comme je l'aurais mise sur sa hanche si elle avait été humaine. Nous nous enfoncions de plus en plus loin dans la forêt et n'allions pas tarder à quitter la zone où les Red Riding Hood patrouillaient. Malgré mon impatience de découvrir son monde, je me sentais pourtant extraordinairement calme et serein.

- Où allons-nous ? soufflai-je.
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MessageSujet: Re: (SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan Sam 24 Mar - 16:48

Allons, amour, je t’ai connu plus compétitif !

Je savais bien qu’il disait vrai et que, si je n’avais pas fait l’erreur de m’enfoncer dans la mauvaise grotte, celle qui ne conduisait nulle part, je me serais sauvée et il n’aurait jamais su qui j’étais réellement. Nous en serions au même point, je n’aurais pas de fiancé et je ne m’amuserais pas autant. Certes, effrayer des humains, manger des prêtres, ce genre de choses, c’était bien, mais il y avait quelque chose de merveilleux à partager ces moments avec Erwan. Après tout, rien ne me disait que nous resterions dans ce village lorsque nous serions mariés – la disparition soudaine du chef des Red Ridding Hood les soirs de pleine lune serait sans doute trop suspecte, même s’il venait à prendre sa retraite. Je voulais lui montrer ce à quoi ressemblait la forêt du point de vue d’un loup.

Tu m’en diras tant.

Je me moquais ouvertement de lui, mais je faisais exprès de ne pas courir trop vite. J’allais assez rapidement pour ne pas blesser son orgueil en lui faisant croire que je me donnais réellement dans cette course, mais il était certain que je n’allais pas à plein régime. Inutile, essoufflant et le meilleur moyen d’être courbaturée le lendemain.
Je grognai pour le principe en sentait sa main s’enfoncer dans mon poil. Ce n’était pas tant le contact que l’odeur qu’il laissait sur moi qui m’agaçait. Enfin, j’avais laissé tomber ce combat, parce qu’il s’obstinait à me caresser comme on le fait avec un chien de compagnie. Mes supplications n’y avaient rien fait. Tant pis. Je me serais bien vengée en lui léchant le visage, mais c’était franchement dégoûtant et rabaissant. Il se ferait pardonner bien assez tôt, j’en étais convaincue.

Allons, Erwan. Je suis une louve, c’est la nuit. Où veux-tu que nous allions ?

Je me tournai vers lui, heureuse. Il y avait pleins de choses que j’aurais voulu lui montrer, mais elles étaient trop fréquentées par les loups ou trop éloignées pour que nous puissions nous y rendre cette nuit. En dernier recours, je me tournais vers mes petits plaisirs, vers la rivière qui prenait une teinte mauve sous les reflets de la lune ou sur la prairie emplie de fleurs gigantesques.

Chasser, évidemment !

Surtout, ne pas éclater de rire devant son air ahuri.
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MessageSujet: Re: (SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan Ven 4 Mai - 1:37

Comment aurais-je pu deviner qu'une nuit habituelle à surveiller et chasser les loups-garous se transformerait en une promenade romantique au clair de lune avec ma fiancée ? Non, jamais je n'aurais imaginé ça, même dans mes plus doux rêves - car c'était bien un rêve que de sentir contre moi la puissance merveilleuse de cette louve à l'unisson avec ma force, aussi pitoyable soit-elle. C'était fantastique et enivrant que de sentir cette formidable force aller de concert avec moi, me guidant, me poussant, au lieu de la percevoir ennemie. J'avais la sensation de courir plus vite, plus fort, d'être plus endurant, l'adrénaline me poussant à croire que j'aurais pu continuer ainsi toute la nuit. Mais malheureusement, la réalité me rattrapa. Je m'en rendis à peine compte, tellement cette sensation grisante s'attardait en moi, malgré mon souffle court et mes jambes lourdes. Mes muscles fourmillaient, réclamant de l'exercice, et je réalisais que la seule manière d'être plus heureux, à l'instant présent, aurait été de faire l'amour à ma fière et farouche femme. Et encore. Peut-être bien était-ce la même ivresse, différente certes, mais tout autant délirante de bonheur.

Mais non, je ne savais pas où elle voulait m'emmener. Je n'y avais jamais réfléchi. Jamais je n'aurais cru que je pourrais ainsi partager son monde avant qu'elle m'y ait elle-même intégré. Cela semblait irréel et à la fois trop réel et je ne savais trop comment réagir, même si la réponse qu'elle fournit elle-même à sa question me parut après coup évidente. Chasser... Mais chasser à la manière d'un loup, pas chasser les loups, voilà qui était totalement différent.

Et que pouvait-il y avoir de plus beau que toute cette mécanique sauvage et parfaite en pleine action ? J'aurais pu l'admirer une éternité me semblait-il. J'aurais pu la contempler ainsi à jamais, j'aurais presque voulu souhaiter qu'elle restât à jamais une louve. Que ne pouvions-nous nous transformer définitivement, loin des hommes et de leur haine, et nous enfoncer dans la forêt, libre de toute contrainte, goûtant enfin à la pleine liberté ? Il me semblait cette nuit-là qu'une fois par mois serait très loin d'être suffisant. Comment pouvait-elle donc se supporter lorsqu'elle devait subir son enveloppe humaine ?

Des éternités sans doute, mais hélas la pâleur de la lune jusqu'ici éclatante eut vite fait de me rappeler que ce qui me semblait être un bonheur éternel n'était qu'une passade éphémère. Nous rentrâmes, pressés, terriblement en retard, imprudents, prenant le risque à chaque pas de nous faire surprendre par un de mes collègues. Mais peu m'importait.

Je savais que cette nuit resterait à jamais gravée au fer rouge dans ma mémoire.
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(SPL) C'est les hormones, j'y peux rien ! ft. Erwan

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